Continuité, rupture ? l’intercommunalité lilloise en trompe-l’œil
JC Branquart
Comme en 1995, comme en 2001, ils seront donc deux à se présenter à la présidence de la Communauté Urbaine de Lille, l’une des plus importantes intercommunalités françaises. 13 ans après Marc-Philippe Daubresse se remet en lice avec l’espoir - ténu ?- d’emporter cette fois la mise. Car la rupture vient plutôt, cette fois, de Martine Aub ry à gauche.
Comme en 1995, comme en 2001, ils seront donc deux à se présenter à la présidence de la Communauté Urbaine de Lille, l’une des plus importantes intercommunalités françaises. 13 ans après Marc-Philippe Daubresse se remet en lice avec l’espoir - ténu ?- d’emporter cette fois la mise. Personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir préparé cette présidence : il l’annonce depuis au moins 4 ans. Personne ne peut lui en contester la compétence, comme maire depuis 20 ans, comme 1er vice-président depuis 7 ans, comme spécialiste du logement en ayant accordé à LMCU et à la région l’une des enveloppes ANRU parmi les plus importantes de France. Une année de ministère du Logement où il a pu exprimer tout son savoir-faire dans un domaine où la gauche, de l’avis même d’Alain Cacheux, spécialiste PS en ce domaine, s’est plutôt montré défaillante. Marc-Philippe Daubresse y ajoute un dernier atout et non le moindre : un mode de gouvernement communautaire très consensuel à la … Mauroy. Car, paradoxalement, c’est bien lui qui des deux candidats en lice s’inscrit le plus et le mieux dans le sillon managérial de Pierre Mauroy. Cette dernière caractéristique entretient ses derniers espoirs au lendemain d’élections municipales bien moins bénéfiques qu’espérées à droite.
Si Marc-Philippe Daubresse s’inscrit dans la continuité consensuelle c’est donc à Martine Aubry que revient l’attribut de la rupture de projet. Son choix de 10 premiers vice-présidents « opérationnels », sa volonté d’engager une présidence et une politique axées sur 4 enjeux déterminants – le logement, le bien vivre ensemble, le développement économique et la qualité environnementale – et de le faire dans un programme politique clair et identifié à gauche – avec l’appui du Modem – souligne aussi la rupture avec le style Mauroy. Lui gérait la complexité, elle veut mener un projet de développement de la métropole lilloise. Dans ces deux attitudes, il y a plus qu’une nuance mais bien une posture politique. Martine Aubry veut peser sur les choses, les équipes, les enjeux, les priorités même si, parfois, elle doute plus qu’elle ne le laisse penser et écoute plus qu’on ne veut bien le dire.
Les 170 élus communautaires lillois sont donc bien devant un vrai choix le 18 avril. Un choix en trompe-l’œil car le changement n’est pas forcément là où les étiquettes le supposeraient. Ce pourrait donc être un scrutin plus surprenant que prévu. Ou que ne le laissent penser les auditions de ces dernières semaines.
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